Diapode un projet d'Enda

L’engagement d’enda pour l'appui à la mobilisation des diasporas en faveur du développement de leurs pays d’origine.

Le projet Diapode, Diasporas pour le Développement, est né de la volonté de l’organisation de solidarité enda Tiers-Monde, de tenir compte des apports multiples des diasporas dans les dynamiques de développement local et national afin d’appuyer au mieux ce potentiel. Sa délégation enda Europe est activement impliquée dans le projet aux côtés des autres entités du Sud. Enda Europe est chargée d’assurer un rôle d’interface entre les groupes de diasporas et les entités au Sud mais aussi de valoriser les actions citoyennes des diasporas au sein des sociétés d'accueil.

Le projet a consisté en une première phase d’études menées à la fois en Europe et dans les pays du Sud dans le but de définir des actions appropriées aux contextes spécifiques à chaque pays mais aussi de produire une réflexion et d'esquisser une stratégie commune à l’ensemble de l'organisation.

Carte du monde : diaspora
Les pays partenaires de Diapode

Les constats

A l’issue de cette phase d’étude les grands constats suivant ont pu être faits :

  • Les contributions des diasporas aux dynamiques de développement de leurs pays sont multiformes et varient selon les pays et les régions d'origine  : exemples de rénovation de centres de formation de jeunes par des associations de ressortissants malgaches, coopération universitaire des associations d’anciens ingénieurs vietnamiens résidant en France dans la production d' énergies renouvelables (...) Dans les pays mieux connus de la coopération tels que le Sénégal, le Mali et le Maroc, l’évolution des mobiités, dans le sens d'une féminisation, de montée en compétences des nouveaux migrants, et d'une diversification des pays d’accueil est à la base de nouveaux partenariats : par exemple des actions de formation de femmes marocaines par des organisations de femmes migrantes en Belgique et en France appuyées par des ONG françaises, belges et marocaines ou encore, au Sénégal, la participation de jeunes diplômés issus de l’immigration dans le montage et le suivi de projets d’associations constituées d’anciens ouvriers (...)
  • Au-delà de cette diversité d'actions et de partenariats, les contributions des OSIM constituent un apport spécifique qui justifie aussi une réflexion voire des outils spécifiques. Par la sensibilité des membres des diasporas aux contextes locaux, leur recul critique vis-à-vis de l’action des pouvoirs publics dans les pays d’origine, leurs capacités à investir leur expérience associative et citoyenne au bénéfice de plusieurs territoires, l’apport des groupes de diasporas dans les actions de développement est singulière et demande à être valorisée comme telle auprès des différents acteurs.
  • Cette singularité définit aussi les limites de l’implication : les migrants engagés dans des actions de développement sont avant tout des citoyens dans les pays d’accueil, agissant à titre bénévole et dans la mesure de leurs capacités et de leurs moyens en direction du pays d’origine. Ils ne peuvent donc à aucun moment porter seuls la responsabilité du développement de leurs pays d’origine, comme certains souhaiteraient aujourd’hui leur voir endosser. Les jeunes générations refusent d’ailleurs de plus en plus de constituer la « manne financière » de leurs villages ou régions d’origine à la place des Etats. Cela amène à réfléchir activement aux moyens concrets d’appuyer les actions des groupes de diasporas. Des outils existent déjà dans les pays d’origine et d’accueil (label co-développement, soutiens dan le cadre de la coopération décentralisée) mais demandent encore à être valorisés et complétés.

Priorités d'action

A partir de cette analyse enda définit dans le cadre de Diapode une stratégie articulée autour de deux principaux axes, conforme aux valeurs et domaines d’actions d’enda Tiers-Monde :

  1. Sensibiliser les différents acteurs de la coopération, et en particulier de la coopération décentralisée, aux apports concrets des associations de migrants aux dynamiques de développement local par les liens de solidarité tissés entre les territoires d'origine et d'accueil.  
  • Le site internet Diapode se veut pour cela une fenêtre d’exemples des différentes actions des diasporas issues de six pays de présence d’enda : le Vietnam, la République Dominicaine, le Maroc, le Sénégal, le Mali, Madagascar. Il est aussi destiné à donner une visibilité aux demandes et recherches de partenariats d’associations engagées dans des initiatives de développement.
  • Les rendez-vous de la diaspora favoriseront aussi la rencontre entre les différents acteurs, dans la droite lignée des restitutions des études déjà organisées et de la rencontre-débat sur l’eau et l’assainissement à Paris en juillet dernier.
    Voir les rubriques « études » et « pays ».

      2.  Appuyer concrètement les groupes de diasporas dans la réalisation de leurs projets par :

  • Une information ciblée, aussi accessible sur le site internet concernant les dispositifs de financements et d’appui existants mis en œuvre par des institutions nationales dans les pays d’accueil et dans le pays d’origine, dans le cadre de la coopération décentralisée. Ces dispositifs, de plus en plus nombreux, restent à l’heure actuelle mal connus des associations. Voir les rubriques « pays » et "Partenariats et financements".
  • Un accompagnement par enda Europe en collaboration avec les entités au Sud de certains projets portant sur des secteurs d’intervention d’enda et/ou intéressant directement les entités au Sud. Les étapes et les actions concrètes liées à cet accompagnement seront aussi visibles sur le site internet dans les rubriques « projets » et « pays ».
  • Des propositions de nouveaux dispositifs pérennes de soutien aux initiatives des associations à mettre en œuvre en direction des pouvoirs publics et, éventuellement, des réseaux d’ONG, dans le cadre notamment du réseau européen de concertation entre ONG européennes sur la thématique migrations et développement.